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14 Mai 2018

Frequency Drift

Letters to Maro

par Florent Canepa

Il faut bien l’admettre : le dernier effort des Allemands de Frequency Drift nous avait laissé quelque peu indifférents. Certes, de nombreuses qualités de forme rendaient le voyage cinématique intéressant mais il y manquait ce surcroît d’émotion qui donne envie de revisiter un disque. Seulement voilà, les choses ont un petit peu évolué. L’élément le plus flagrant est bien sûr l’arrivée d’une nouvelle chanteuse et parolière en la personne d’Irini Alexia. Occasionnellement proche d’Anneke Van Giersbergen, elle révolutionne tout simplement l’approche et le contenu. Son interprétation quasi théâtrale peut surprendre (le « Fall » de « Dear Maro » qui “tombe” au sens propre ou « Escalator », comme Fish) mais elle donne un relief inédit et construit l’intérêt.

C’est finalement tout l’édifice atmosphérique qui se meut sous son impulsion : plus assis, plus contemporain et finalement plus solide. Plus doux aussi car on y entend très peu de saturations et les ambiances aériennes y sont privilégiées même à l’occasion d’une pièce plus longue (quelques riffs étouffés seulement sur « Who’s master »). L’autre heureuse surprise vient des additions électroniques très passéistes mais réussies. On puise ça et là vers les sons d’antan, de Mike Oldfield (le début tubulaire de « Ghosts when it rains ») ou Vangelis (le final de « Deprivation ») .

On a vraiment envie de donner sa chance à l’univers qui manque parfois de mordant mais sort aujourd’hui ses plus beaux atours pour son huitième essai. Le single est aussi trop mielleux à notre goût (« Electricity ») mais, pas si loin de Kate Bush, il fait un bel hommage à la harpe de Nerissa Schwarz. L’ensemble commence à prendre, fort de la nouvelle recrue. L’apogée serait-elle à portée ?

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