:)
16 Avril 2018

Moop

Moop

par Aleksandr Lézy
dans

Quelle que soit la signification du mot Moop, une chose est certaine, il ne veut pas dire « banal » ! Cette formation française originaire de Poitiers cultive l’originalité en se constituant d’une batterie, d’une guitare électrique et non d’un, mais de deux saxophones baryton ! Ce dernier étant l’un des plus graves de la famille des saxophones, son imposante sonorité permet de travailler en double un spectre très étendu et massif. Découvert par hasard, voici un disque qui a le mérite de se poser là.

Dès les premières notes de ce premier album éponyme, le quartet tente de tromper l’auditeur en faisant croire que d’autres instruments sont présents, en jouant avec les textures des saxophones. Peu à peu, le groupe oppose les esthétiques, passant de « La Bécude » pleine de puissance et de groove à « Spoon » expérimental et dosé à souhait.
C’est un peu ce qu’il se passe tout le long du disque, cette succession de passages hétéroclites, cet enchaînement de douceur bruitiste et de gros riffs bien prenants comme dans « Tourments d’un socialiste sous un gouvernement rom ». On aurait pu imaginer qu’un côté fanfare viendrait bouleverser l’équilibre du concept. Il n’en est rien. Les ambiances sont travaillées, tout comme les textures, les expérimentations en situation de prise directe. Il s’agit aussi de jeux sur les nuances comme sur « Joe reste cool » par exemple.

Ces quatre Poitevins sont malicieux voire culottés de s’exprimer à travers ce jazz brutal, ce Rock in Opposition décalé, cette ambivalence entre les styles. L’écriture y est soignée, intelligente et originale. Néanmoins, nous reprocherons les cassures systématiques au sein des morceaux mais aussi entre eux et le son de guitare lorsqu’il est saturé. Il ne faut pas s’arrêter à ça car Moop possède un solide potentiel, une manière très personnelle d’initier l’envie, de creuser sa musique chez l’auditeur, du miel amer tout simplement.

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir