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09 Avril 2018

Crippled Black Phoenix

Horrific Honorific

par Florent Canepa
dans

A la manière de Childhood’s end des Norvégiens d’Ulver, Justin Greaves propose un album hommage aux groupes et en l’occurrence aux titres qui ont influencé son groupe. On ne peut presque plus parler d’un EP car les six morceaux de Horrific Honorific font finalement plus office de généreux apéritif que de plat principal. Qu’importe. La diversité, l’originalité et le nouveau prisme qu’offrent ces reprises ont un goût suffisamment prononcé pour que l’on ne se plaigne pas dudit en-cas. Au générique se côtoient en toute quiétude les expérimentaux Swans, les punkoïdes de Nomeansno ou encore le glam psyché de The Sensational Alex Harvey Band. Vous ne connaissez pas forcément les auteurs d’origine ? Qu’importe (bis). Ce qui pourrait apparaître comme un exercice d’auto-complaisance devient en réalité une jolie broderie chamarrée en forme de fondamentaux. La force doom précède une folk aride aux accents tout en cordes (« Will-O-The-Wisp  », comme Patti Smith ou PJ Harvey) et une dream-pop dont la simplicité fait la force (« In bad dreams  »). On retiendra en note majeure le martial, progressif et presque Nirvanesque « Victory  ». Ce n’est d’ailleurs pas la seule allusion grunge qui ressort car pointe ici et là un riff racé que Stone Temple Pilots pourrait accueillir dans son panégyrique. Court mais pas si brut, intermède discographique non anecdotique, Horrific Honorific est comme un cadeau à l’ère digitale où les codes sont bousculés et où l’on n’attend pas forcément un long format pour créer l’impact. A écouter au volant de sa Buick Riviera ou en marchant dans la vallée de la mort, une IPA en main, la pose rêveuse.

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