coup de coeur
02 Avril 2018

Spock's Beard

Snow Live

par Julien Giet

Quand on pense à Neal Morse, le meilleur qualificatif pouvant le décrire est sûrement « générosité ». Entre la multiplication de ses projets, les sorties de coffrets copieux et son rythme de production effréné, les fans du bonhomme sont constamment aux anges. Cette année, Neal Morse a tenu à faire un cadeau inestimable aux mélomanes. En effet, il a décidé de revenir le temps d'un concert au sein du groupe mythique Spock's Beard qu'il avait quitté en 2002 à l'occasion de la sortie de l'excellent double album concept Snow. De ce fait, Snow n'avait jamais été joué sur scène …. jusqu'à maintenant. 15 ans plus tard, on rattrape le temps perdu à travers un concert placé sous le signe de la bienveillance. Sur scène, on retrouve donc le Spock's Beard d'époque mais aussi les membres venus compléter les rangs ces dernières années. Chanteur actuel du groupe, Ted Leonard (qu'on a déjà pu retrouver auprès de Neal Morse sur le concert KaLiveoscope de Transatlantic en remplacement de Daniel Gildenlöw) cède donc temporairement le rôle central tout en restant sur scène pour garnir Snow de ses chœurs. Nick D'Virgilio, batteur devenu chanteur, reprend sa place derrière les fûts sans pour autant évincer Jimmy Keegan qui complétera la rythmique en apportant des percussions ou tout simplement en prenant le relais de Nick lorsqu'il va au devant de la scène prendre le chant principal. Alors que vaut la version live 2017 de Snow, garnie d'une équipe gonflée à bloc ?

Avant de répondre à cette interrogation, parlons de l’œuvre originale en question. Snow est un double album concept narrant l'histoire d'un personnage surnommé Snow (étonnant), adolescent albinos se rendant à New York pour user de ses dons de guérisseurs. Au cours de son histoire, il rencontrera des personnages comme Carrie (qui lui procurera un chagrin d'amour digne d'une descente aux enfers magnifiquement mise en musique à travers des mélodies tortueuses et torturées). Ingénieux dans sa narration, Snow pose habilement les thèmes “  Beatlesiens  ” qu'il réutilise régulièrement afin de créer un univers cohérent (la maîtrise de la comédie musicale par un Neal Morse au sommet de son style). Varié, cet album s'écoute d'un bout à l'autre sans interruption sur le modèle de The Lamb Lies Down on Broadway de Genesis (au passage notons que certains passages instrumentaux font curieusement penser aux musiques de Final Fantasy VI, laissant songer que le compositeur Nobuo Uematsu partage avec Neal Morse la même passion pour Yes).

Maintenant que les présentations sont faites, parlons de la mouture live de 2017 de Snow. Sur ce concert, l'intégralité des deux CD sont joués de manière très fidèle à l'album studio. La mise en scène donne lieu à de beaux moments comme le duo vocal Nick D'Virgilio/Neal Morse sur la sublime «  Stranger in a Strange Land  » ainsi que le délirant «  Welcome To NYC  » interprété par Nick D'Virgilio déguisé en jeune New-Yorkais des années 90. L’exécution globale de l'ensemble est spontanée et impeccable, accompagnée d'un public présent et concerné. Les chœurs, signature de Spock's Beard, sont resplendissants. D'une manière globale on capte aisément le bonheur et le plaisir que les musiciens prennent à interpréter ce chef d'oeuvre désormais culte.

Un album génial joué par un groupe passionné et hyper solide ; sans surprise, ça fonctionne. Et ça fonctionne même très très bien. Cette seconde jeunesse apportée à Snow est non négligeable, ce doux rêve enfin exaucé se doit de faire absolument partie de la discothèque de tout amateur de rock progressif. Indispensable.

Merci Neal.

PS : IIIIIII Like it !

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