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08 Janvier 2018

The Knells

Knells II

par Jean-Philippe Haas

En 2014, Chromatique saluait la sortie d'un album atypique, mélange de prog rock, de musique de chambre et de chant choral polyphonique : mené de main de maître par Andrew McKenna Lee, The Knells apportait vraiment quelque chose de neuf sur la table des musiques contemporaines. Sur ce second volet, les instruments classiques ont disparu au profit du tout électrique. Le défi consistait donc à établir une interaction cohérente entre le chant et la musique, lien qu'établissait auparavant l'orchestre à cordes, sans qu'on ait la sensation que les voix soient plaquées artificiellement sur des compositions résolument rock.

Dans l'ensemble, cette coopération fonctionne plutôt bien, en particulier lorsque l'instrumentation tranche nettement avec les connotations liturgiques du trio choral. C'est le cas sur des titres très rythmés , à l'image de « Sub Rosa  » ou encore « Poltergeist  », qui vaut également le détour pour son clip surréaliste à base de Legos, mais aussi sur des passages planants comme « Interlude  » où le chant flotte sur la discrète trame musicale. Celle-ci est souvent empreinte d'influences prononcées, tel le Pink Floyd des années soixante-dix sur « Final Breath  » ou « Coda  », par exemple. Pour éviter un sentiment de saturation, McKenna Lee a ménagé quelques respirations : « Bargaining  » et autres sections instrumentales sont autant de pauses bienvenues sur un disque très marqué par ses voix.

On regrette un peu la dimension classique apportée par l'orchestre de chambre , car celui-ci permettait en quelque sorte de « valider  » la présence du chant polyphonique et de s'en lasser moins vite. Néanmoins, Knells II prend le risque du changement et succède honorablement à son prédécesseur, ce qui n'était pas une tâche aisée à accomplir.

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