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29 Octobre 2017

Heptaedium

How Long Shall I Suffer Here

par Florent Canepa

Le métal digital a fait des émules et même des émulations. Digne cousin brutal de The Algorithm, frère d’octets d’Igorrr, Heptaedium sonne comme une maladie vénérienne et fait du « baguettecore » (authentique). Autant vous dire que le boulanger sait manier le rouleau (compresseur) avec vigueur. Imaginez les bitmaps de Bubble Bobble ou Super Mario (régulièrement figuré, lui ou sa princesse, dans le graphisme du projet) sur les rythmiques de Carcass et vous aurez une petite idée de la déflagration qui vous attend.

Déjà fort de trois cartouches Nintendo, Heptaedium continue son petit jeu d’arcade tranquillement, taillant ses plateformes à l’ombre des puissances du métal. On singe en effet habilement Voivod (« Subpixel Carryover »), Coroner (le très bon « Mara ») et même, à l’occasion Morbid Angel ou Linkin’ Park (amusez-vous à fredonner une ligne vocale dans l’esprit sur le plus « accessible » « I Wanna Make You Believe In Me »). L’auditeur se plaît à naviguer au sein d’une production solide, numérique forcément et qui propose des formats courts et 100% instrumentaux dédiés à la culture geek mêlant métal et jeux vidéo.

Un vrai phénomène finalement puisqu’on appelle ça plus largement le « Nintendocore » (un des titres du groupe d’ailleurs) dont les plus fervents wonderboys sont d’ailleurs français (cocorico). A croire que la nostalgie est un sentiment qui s’est emparée de manière plus prégnante des terres gauloises ou tout simplement que les ruptures de stock du rayon occasion chez Boulinier ou OCD ont donné des idées. Même si l’exercice s’essouffle un peu sur la longueur, même si les puristes diront que les batteries suintent trop l’électronique, il est plaisant de voir ce genre émerger et défendu par des passionnés qui triturent et triggent entre deux parties de Dungeon Master.

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