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03 Septembre 2017

Ô-liostére

S-clave

par Aleksandr Lézy

En cette année 2017, Chromatique se rappelle au bon souvenir de Ô-liostére, ce groupe français de la région parisienne qui nous avait gratifiés trois ans auparavant de Circonflexe, un premier album dans lequel le travail autour de la clave (le rythme et l’instrument !) tenait un rôle majeur. Le jeu de mots S-clave montre que la formation n’abandonne pas sa recherche pour ce nouvel effort.

Quelques petits changements sont advenus entre-temps : l’invité chanteur Yéyé Toon et son scat font dorénavant partie intégrante du line-up, bassiste et claviériste ont été remplacés et la guitare remerciée … Cela perturbe-t-il l’équilibre du groupe ? Il ne semble pas, bien au contraire. Le départ de la guitare permet à la flûte traversière de Stéphanie Morland d’avoir la place qu’elle mérite au sein de la formation, prépondérante et centrale avec la batterie de Lionel Feugère. Ahmed Ossama à la basse prend part de manière importante dans les compositions qui se voient ainsi plus incisives et percutantes, marquées par des rythmes complexes et tortueux. La nature du style musical développé n’en est pas pour autant modifiée. On retrouve ce jazz latin prédominant et ces incursions insidieuses dans la case « progressif ». C’est coloré, rebondissant et mélodique à la fois. Cependant, la production manque légèrement de relief, tout sonnant sur le même plan.

Ô-liostére donne l’impression d’avancer, de progresser tout en cherchant encore un peu sa voie. Les apparitions de voix ne récoltent pas l’enthousiasme, ce qui est probablement dû à un manque palpable de précision et d’assurance, mis à part sur « Clavicule » . Cela dit, l’originalité que le groupe s’évertue à entretenir commence à récolter ses fruits. Les compositions s’apparentent à de beaux exercices de style dans lesquels l’auditeur a toujours la sensation d’être invité à compter, fredonner, et réfléchir comme sur « Countdown ». Et ça, c’est plutôt bon signe !

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