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10 Juin 2017

Deep Purple

Infinite

par Florent Canepa

Pas facile de chroniquer des mastodontes du rock... et même, en l’occurrence du rock à papa ! S’ils sont encore en activité, ceux-ci souffrent souvent de redite et appliquent une formule immuable mais affadie (jurisprudence AC/DC) ou s’engouffrent dans le mauvais goût ou la crise créative (jurisprudence Yes). Pas facile non plus d’imaginer les hérauts de Machine Head ou In Rock, privés de certaines de leurs pièces essentielles emportées par la terrible faucheuse ou tout simplement par les affres de la cupidité ou de la mauvaise foi (qui a dit Richie ?).

Pourtant Infinite semble être une revendication, ou tout du moins une déclaration. Hasard des anniversaires, il représente aussi le vingtième album du groupe anglais et leur cinquantième année d’existence. Rien que cela. Non seulement ils poursuivent leur route féconde à renfort d’additions bienvenues (le toujours très appliqué Steve Morse ou encore le surqualifié Don Airey) mais en outre, le panache ne semble pas marquer le pas, si bien que si les rides apparaissent, le visage de Deep Purple n’en est pas moins éclatant.

Alors, il est vrai, les aigus rocailleux de Ian Gillian ne sont pas aussi frappants qu’auparavant et nous sommes plus en terres post - Perfect Strangers. Mais, on retrouve à de nombreux recoins, l’envie de faire du neuf, ou du moins du vieux encore inexploré, à l’(highway) instar du premier extrait, sombre et arabisant, « Time for Bedlam ». Toutes les trouvailles ne sont pas du meilleur goût (le nonchalant « Hip Boots » se veut groovy, ou l’inutile et faiblarde reprise des Doors). Pourtant, le Pourpre continue de traîner dans son sillage un blues crasseux et poli, mais aussi cet overdrive qui a tracé la voie stoner et celle de toutes les musiques sableuses (frappant sur « Get me outta here »). Il fait planer son orgue dont les quelques fulgurances (« All I got is you ») nous mitonne des ballades aussi belles que par le passé (« The Surprising », nouveau « Soldier of fortune » et probablement meilleur morceau de l’album). Des septuagénaires toujours un poil progressifs, plus vraiment dans le coup, mais ils s’en fichent pas mal. La désinvolture rock frise parfois le FM (le « Paradise bar » aux effluves de David Lee Roth). Hommes du passé, mais pas du passif (pour paraphraser quelqu’un), ils ont encore toute leur place au sein de la présidence rock – moins divine certes, mais finalement plus proche de nous. Un peu vieux, mais vigoureux !

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