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14 Mars 2017

Metamorphosis

The Turning Point

par CHFAB

Cinquième effort pour ce groupe suisse existant depuis 2002, prodiguant un néo prog d'obédience métal avec un fort penchant mélodique, comme on en voit fleurir partout (vraiment partout) sur la planète... On pensera aux ténors du genre, évidemment, que ce soit, par exemple, Sylvan pour l'Allemagne, The Last Embrace pour la France, Arena pour l'Angleterre (légèrement plus prog cependant), John Wesley pour les USA, ou bien Ayreon aux Pays Bas... Ce disque ne déroge pas à la règle dont les ingrédients ne sont plus à décrire; une énorme pincée de Pink Floyd période The Wall (c'est fou ce que ce pavé inspire encore !), rythmiques lentes et pesantes, nappes néo symphoniques à n'en jamais démordre (pas de solo de clavier), riffs métal, incisifs ou atmosphériques, enfin un chant permanent, nous rappelant combien ce néo doit plus à la pop qu'au progressif, hymnes accrocheurs et répétitifs à l'appui...

Le décor est planté, et les amateurs, voire adorateurs, de ces paysages immuables dont le combo s'est appliqué à suivre à la lettre les moindres détails, en sauteront certainement au plafond. C'est sa force, mais c'est aussi sa faiblesse; la musique de Metamorphosis (le nom du groupe, le masque blanc en plastique pour la cover, pas des plus originaux non plus) semble ne jamais vouloir s'aventurer ailleurs que dans des sentiers très balisés, et qu'elle n'a pas inventés, loin s'en faut, conférant à son album soit une parfaite cohérence pour les uns (ils sont nombreux), soit un manque certain d'idées et de renouvellement pour les autres...

Ceci étant dit, on reconnaîtra très volontiers un vrai savoir-faire des musiciens (à part le batteur, dont on se demande parfois s'il y en a un véritablement), le guitariste sortant naturellement du lot (Olivier Guenat), et dont le son et le style de jeu heavy metal années 80 habillent toutes les compos d'une plutot belle dextérité. Van Halen sur le bout des doigts, pour les soli... Le chant (hormis des textes anglais plutôt faibles et la prononciation laborieuse de Jean-Pierre Schenk, leader du groupe) prend plus de valeur sur les refrains, calibrés mais avec effet galvanisant. Chaque pièce a été construite sur le même schéma, plus ou moins, très classique mais en principe efficace. Sauf lorsque c'est le seul menu qui vous est proposé (en caricaturant un peu), pour pas moins d'une heure d'écoute... Et un très bon mixage, une bonne production, ce qui est le cas ici, ne suffisent pas toujours à prévaloir d'une certaine lassitude, même si l'on sait bien que revenir à un album, apprendre à le connaître, c'est déjà apprendre à l'aimer...

The Turning Point, malgré le choix de proposer une musique convenue, peut-être fédératrice, un chant anglophone et des compositions taillées pour un succès qu'il aurait certainement eu il y a à peu près 35 ans, ne parvient pas réellement à faire concurrence aux innombrables groupes déclinant déjà ce néo prog, avec une technique souvent plus éclatante, et dont on a peine, parfois, à les distinguer les uns des autres... Restent les amateurs, et les purs fans, qui ne manqueront pas d'apprécier The Turning Point, un disque somme toute très fidèle à son genre.

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