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28 Février 2017

Pryapisme

Diabolicus Felinae Pandemonium

par Raphaël Dugué

Groupe français originaire de Clermont Ferrand, Pryapisme s’est fait remarquer depuis quelques années par une musique iconoclaste et expérimentale à la personnalité clairement marquée. Dans un genre que l’on pourrait rapprocher de Igorrr ou de The Algorithm, les Clermontois se sont fait une place de choix dans le monde des musiques aventureuses.

Troisième album du groupe, Diabolicus Felinae Pandemonium ne se démarque pas de ses prédécesseurs. Dans un hybride décalé mêlant musiques électroniques, metal, musiques expérimentales, sons 8-bits, et musiques orientales, les ailurophiles (puisque c’est la terminologie adéquate pour désigner les amateurs de chats) poursuivent dans cette voie idiosyncratique. Touffue et complexe, la musique du groupe est un collage hétéroclite, lointain cousin de Secret Chiefs 3 ou Naked City. L’aspect iconoclaste du groupe s’illustre dans les divers bruitages, extraits de films, effets sonores volontairement de mauvais goût ou encore ses titres de morceaux comme « La Boetie stochastic process », « Carambolage fillette contre individu dragon non-décortiqué » et notre favori « A la Zheuleuleu ». Soutenus par une rythmique complexe et audacieuse, les musiciens se donnent à coeur joie d’exploser les carcans et d’écarteller les conventions avec un mauvais esprit communicatif. Le labyrinthe chaotique de Diabolicus Felinae Pandemonium est bien entendu difficile à saisir de prime abord mais il se dévoile au fil d’écoutes attentives.

Si le manque de renouvellement a été pointé du doigt par certain de leurs auditeurs (auquel Pryapisme répond sur les réseaux sociaux par un simple « like », preuve s’il en fallait que le groupe n’en fait qu’à sa tête), il reste cependant encore beaucoup de chemins à défricher sur le territoir musical qu’ont découvert les Français. Même si l’effet de surprise n’est donc plus là, l’enfant terrible de la scène musicale hexagonale poursuit son aventure avec un Diabolicus Felinae Pandemonium à la hauteur de ses précédents albums.

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