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13 Février 2015

Holes

We Are Not Afraid

par Florent Canepa

Bienvenue en terre électronique. Sombre comme Gesaffelstein, We Are Not Afraid fait son entrée sur une scène qui fait rimer noise et ambient en toute sérénité. Multiple dans ses beats (le très élégant et polymorphe « Sharks »), WANA fait des clins d’œil réguliers à l’univers du hip-hop et à la dance (« Darksun »), sans pour autant ingérer complètement ces influences. Un peu comme de petites visites de courtoisie.

Le son, lui, est massif. Basses profondes, nappes nostalgiques mais modernes (un Front 242 de l’époque actuelle) : pas de doute, le duo italien mêlant climat d’hier et vibrations d’aujourd’hui promet un voyage froid, une exaltation religieuse où Ableton serait une nouvelle forme de divinité. On cite l’école belge, on peut également faire référence aux Canadiens de Front Line Assembly – sans l’aspect metal - et les formations plus récentes comme le hype Zola Jesus.

Les morceaux sont courts, très efficaces mais il est clair que l’auditeur non sensible au clubbing nucléaire ou aux musiques électroniques dures ne pourra pas vraiment ici trouver son bonheur. Certains morceaux abordent un discours plus mélodique (les relents de new wave sur « Latemotiv ») mais il est vrai que les neufs titres semblent taillés pour une expérience live de transe collective. Un unique titre chanté (« Chrome » avec la chanteuse Olivia Denis) donne un aperçu dubstep de ce que les deux Hommes peuvent faire en matière de collaboration (plutôt réussie, donc). On vient d’apprendre que l’horloge de l’apocalypse avait avancé de deux minutes. We are not afraid vient signifier avec ce premier essai sa petite place dans la bande originale de la fin du monde.

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