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11 Juillet 2014

Marc Ducret

Tower vol.3

par Mathieu Carré

C'est donc avec cet anachronique troisième volume que le guitariste Marc Ducret clôt sa tétralogie Tower, ambitieuse fresque musicale librement inspirée d'un extrait de Ada ou l'Ardeur de Vladimir Nabokov. Constitué de quatre longs morceaux ayant déjà été traités dans les disques précédents par des formations différentes, cette ultime relecture fait appel à un sextet en permanente évolution au fil des minutes.

Comme lors d'une représentation, les acteurs vont et viennent, se parlent et se disputent puis disparaissent en rappelant les films choral parfois un peu brouillons. Au sein de ce casting fluctuant, on retrouve un trio de trombones avec Matthias Mahler (déjà présent sur le premier volet), Fidel Fourneyron et Alexis Persignan, Sylvain Lemêtre (percussions) et Antonin Rayon (piano, celesta) en illustrateurs musicaux et enfin Marc Ducret, acteur-réalisateur, qui comme Zelig se métamorphose suivant les ambiances. Tout en ruptures et changements d'atmosphères, Tower #3 se révèle donc comme le plus cinématographique de la série, et donc celui qui restitue le mieux le plaisir de la découverte littéraire. Et même si cette exigence se paie par un propos très dense et parfois obscur, l'épaisseur de la formation donne une profondeur à cette musique, qui ne déparerait pas en illustration d'un film muet, où chaque détail se doit d'être à sa place.

Radical dans son approche et son ambition, le guitariste termine avec une remarquable intransigeance ce projet passionnant. Isolé de ses prédécesseurs et sans aucun doute difficilement accessible sans le contexte qu’ils procurent, ce flash-back se révèle surtout comme le récapitulatif de nombreux mois de travail et de recherches. Tower #3achève avec cohérence l'aventure littéraire d'un Marc Ducret qui semble toucher du doigt une maturité et une assurance réservées à quelques uns.

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