coup de coeur
10 Janvier 2014

The Nerve

Audiodacity

par Dan Tordjman

Si vous avez lu notre dossier sur la scène progressive, vous avez forcément fait connaissance avec Lucius Borich le très actif batteur de Feu-Cog, véritable prophète des musiques progressives Down Under. Après avoir chatouillé les oreilles avec Cog, The Hanging Tree, Juice et plus récemment FLOATINGME, il revient avec son tout nouveau projet, The Nerve. Pour cette nouvelle aventure, Borich a rejoint un autre groupe d’illuminés en les personnes de Ezekiel Ox (chant - Mammal), Davarj Thomas (basse - Pre-Shrunk) et le guitar-hero Glenn Proudfoot.

Pour tuer le suspense d’entrée, ne vous attendez pas à une ribambelle de mesures impaires ou de titres complètement déstructurés. Le mot d’ordre, c’est droit au but (sic). La musique de The Nerve c’est un uppercut, comme celui figurant sur la pochette de Vulgar Display Of Power de Pantera. Pas de fioritures mais des riffs. En cascade. Parfois en acier trempé, rappelant Feu-Dimebag Darrell et par moments bourrés d’un groove cher à Nuno Bettencourt (Extreme) notamment sur « Witness », « Poser ». Le différent vécu des protagonistes contribue à rendre ce cocktail encore plus savoureux. Les vocalises d’Ezekiel Ox, à mi-chemin entre le chant et le rap rappellent la glorieuse époque de certains groupes de fusion comme les géniaux Living Colour, Clawfinger et Urban Dance Squad. Aujourd’hui on dresserait, sans doute, un parallèle avec les français de Madonagun, encore plus barrés, soit dit en passant.

Pas très prog’ tout ça, nous direz-vous ? Possible, mais ce qui rend The Nerve si attrayant c’est l’approche utilisée. On sent qu’en dépit de la signature de tous les titres par Glenn Proudfoot, chacun a apporté son style et la patte liée à son passé. On parlera notamment de celui de Lucius Borich qui se pose en véritable dynamiteur du groupe avec sa puissance, sa finesse et la variété. Idem pour Glenn Proudfoot qui parvient de manière dégoûtante à naviguer d’un style à un autre les doigts dans le nez. Il n’y a qu’à écouter « There May Come A Time » ou « The Insight » pour se rendre compte que le bougre est à l’aise dans tous les registres et qu’il sait distribuer des pains au moment de dérouler ses soli. Et là, vous vous dites encore : Pas très prog ?

C’est une question qui mérite réflexion, car The Nerve produit une musique qui pourrait séduire les plus exigeants d’entre vous car c’est bien connu, vous, amateurs de musique progressive vous êtes souvent pointés du doigt pour votre exigence (ça, c’est tout à votre honneur) et votre fermeture d’esprit souvent décriée. Alors pourquoi ne pas prouver le contraire ? Car bien que direct et court (vingt-neuf minutes au total) Audiodacity s’avère être une bonne surprise qui pourrait en amener d’autres. Et peut-être qu’à terme, The Nerve aura de votre part le titre du dernier morceau de l’album : « Respect ». En tous cas, ils ont gagné celui de l’auteur de ces lignes.

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