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15 Novembre 2013

Twenty Committee

A Lifeblood Psalm

par Jean-Philippe Haas
dans

Sous la houlette de Geoffrey Langley, The Twenty Committee entre avec A Lifeblood Psalm dans l’arène déjà passablement bondée du prog moderne. Et lorsqu’on ne peut comparer un nouveau venu à une figure vénérable du genre dès les cinq premières minutes, c’est forcément bon signe. Il y a sûrement un peu de Transatlantic et de Spock’s Beard chez le quintette américain (une corrélation avec le fait qu’il ait enregistré dans les studios de Neal Morse ?) mais cela saute tellement peu aux yeux qu’on retient d’abord sa forte individualité. Très accessible, voire pop parfois, l’album dispose d’un son actuel, puissant, où les guitares ne sont pas des laissés-pour-compte. Autour de sa voix onctueuse, Langley déploie certes l’attirail des claviers vintage, comme il se doit, mais sa préférence le ramène le plus souvent vers le piano. Raffinée sans être prétentieuse, sa musique se décline de bien des façons, notamment par de très belles parties instrumentales dont l’interprétation se distingue quelque un peu des stéréotypes habituels.

Il se dégage de ces trois quarts d’heure un art rock soigné, où l’excès de fioritures n’a pas sa place. Entendez par là qu’il n’est pas surproduit comme peuvent l’être de nombreuses productions actuelles pour masquer leur fatuité. L’exubérance (« Her Voice ») fréquente une élégante simplicité (« Airtight »), et les obligations contractuelles auxquelles se soumet tout compositeur de prog sont respectées : ainsi, du haut de ses vingt minutes, « The Knowledge Entreprise » relève le pari toujours risqué de la composition à tiroirs, qui fut fatale à de nombreux groupes trop présomptueux. Heureusement, Langley a des idées et de l’éloquence à revendre. Frais, dense et concis, A Lifeblood Psalm entre donc dans la famille sans singer ses aînés, sans enflure ni pompiérisme, ce qui en fait d’ores et déjà l’un des disques remarquables de 2013.

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