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14 Octobre 2013

Dream Theater

Dream Theater

par Guillaume Meyer

Face à une nouvelle livraison des architectes du genre metal progressif outre-Atlantique, décevante comme l'on pouvait s'y attendre, il s'agit de ne pas perdre ses nerfs et ne pas crier d’emblée à l'enfumage commercial... même si la tentation est grande. Pour éviter cet écueil, une méthode simple et fiable : baisser ses attentes, jusqu'à un niveau qui rend l'écoute de ce nouvel album acceptable. Il reste ainsi à admettre le postulat que tout ce qu'a fait Dream Theater depuis Six Degrees Of Inner Turbulence souffre à la fois d’une douloureuse baisse de la qualité d'écriture et de la production, mais également de la triste particularité de ne pas être pour autant parvenu à rendre cette chute qualitative agréable à l'écoute, en la transformant en simplification de bon goût par exemple. À cette condition, il devient possible de considérer ce nouvel album au titre éponyme presque comme réussi.

Réussi, bien sûr, dans le sens où il ne dépare pas de ses prédécesseurs : on y déniche comme toujours quelques riffs intéressants, des solos de guitare démontrant l'exceptionnelle dextérité de leur exécutant, à défaut de son talent mélodique, et enfin des atmosphères plutôt réussies, puisant leur inspiration à différentes sources thématiques et temporelles, le tout au sein de morceaux dont l'écoute est, somme toute, agréable. Mais, dans un souci de rigueur, il paraît impossible de ne pas signaler que de nombreux tics mélodiques, de production, de chant, sont odieusement volés à d'autres, voir à des albums précédents, au mépris de tout critère de qualité. « False Awakening Suite » n'est ainsi qu'une resucée ratée de l'« Overture » de Six Degrees…. « The Looking Glass », exemple le plus pertinent sans doute, est un mélange étonnant de n'importe quel morceau de Rush et d’un extrait d’Images & Words choisi au hasard. « Enigma Machine » semble être une chute de studio, abandonnée lors des séances de travail d'Awake. Quant à la courageuse tentative d'insérer au milieu de la longue pièce « Illumination Theory » un intermède de musique classique, bien trop violoneux au demeurant, il s'avère rapidement qu'il ne s'agit de rien d'autre que d'un collage de mélodies issues de Rhapsody In Blue et du premier concerto pour piano de Tchaikovsky. Enfin, pour couronner l'ensemble, de toute évidence, James LaBrie n'a pas su se débarrasser de cette pénible propension à proposer des lignes mélodiques de plus en plus bas de gamme (preuve en est son récent effort solo, dont la nullité crasse ferait passer ses rares réussites sur ce Dream Theater pour des chefs d’œuvre dignes d'un Brian Wilson).

Difficile de déterminer si les membres du groupe ont décidé de prendre leurs fans pour des guignols, ou si on assiste simplement à la lente disparition d'un grand nom autrefois réputé pour la qualité de ses œuvres, aujourd'hui devenu un ersatz nostalgique de ce qu'il fût dans les années 90. Sans doute un peu des deux. On ne saurait que trop conseiller à Dream Theater d'arrêter de proposer à son public un album médiocre tous les deux ans, ceux-ci ayant une nette tendance à ne plus savoir les différencier. En effet, il semble impossible de dégager de cet opus une différence notable, une volonté, un projet, autant qu'il l'était de A Dramatic Turn Of Events, Black Clouds & Silver Linings et Systematic Chaos. Ces quatre albums se ressemblent d'une manière qui, déroutante en 2009, est aujourd'hui devenue proprement ennuyeuse. Tout espoir n'est pas perdu, et un léger mieux reste envisageable, mais il faudrait pour cela une sélection plus rigoureuse des morceaux, et une véritable pause entre deux saisons de travail et de tournée, dans le but de recharger les batteries créatives des membres du groupe. Enfin, une dernière condition, mais pas des moindres, semble vitale pour le groupe : l'embauche d'un producteur, qui pourrait se permettre de dire à Petrucci de cesser de se prendre pour Neal Morse, de réformer la bouillie sonore qu'est devenu Dream Theater et signifier à LaBrie que non, il ne peut pas se permettre un énième couplet larmoyant sur les accords de piano cucul-la-praline de Jordan Rudess. Pourquoi ? Mais parce que c'est mauvais, James, très mauvais !

Commentaires 

#1 Philippe Vallin 14-10-2013 09:55
Entièrement d'accord avec cette chronique : ce dernier DT est mauvais, sorte d'auto-plagiat en beaucoup moins bien, aucune idée nouvelle, juste de la démonstration maîtrisée mais fadasse et fatigante à la longue. Le groupe n'aurait-il plus rien à dire ? Triste...
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#2 EddyA 14-10-2013 10:22
Haha ... c'est vrai, cet album est pas terrible, tout comme les 4 voir 5 derniers. A la différence d'autres groupes comme Symphony X, Andromeda, DGM, Circus Maximus qui ne lassent toujours pas, on a affaire ici à une descente aux enfers. Arrêtons le massacre!
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#3 Bedrael 14-10-2013 15:58
Je m'insurge, cet album est bon!

La preuve?

Contrairement au précédent, j'ai pu l'écouter d'une traite sans m'arrêter après deux chansons, en ayant l'impression d'avoir perdu mon temps.

Et dire que, contre vents et marées, j'adorais ce groupe...
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#4 Pierra 19-10-2013 02:39
Cet album est effectivement très plat, aucun riff a retenir (the mirror/pull me under/beyond this life...), et surtout aucun thème ! Un enchaînement de notes, quelques arythmies par ci, un peu d'altérations par là, l'autre qui chougne dans son micro, un blister et c'est vendu... Vendu mais surtout très dommage, dommage également que le talent de Mangini serve de découpage à cette soupe depuis son intégration. Allez John faut se reprendre, on sait ce que vous êtes capables de nous servir !
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#5 Mercanderwalsh 03-11-2013 13:40
Pas du tout d'accord avec cette chronique délirante de mauvais goût.
Faudrait savoir ce qu'on veut non ?
On a toujours réclamé à ce groupe illustre de nous pondre des Awake avec bien sûr la même fraîcheur, la même agréssivité et la même jeunesse ; ben non ! les gars sont tous quadra et bien quadra et James quinqua.
Ce nouvel album est meilleur que son prédécésseur et bien plus fougueux que Black Clouds par exemple.
Ce qu'ils arrivent à faire aujourd'hui est tout simplement étonnant et ça fait d'eux le meilleur groupe de Métal Prog de la planête, DT c'est la suprématie ! Grand tort à vous de continuer à être supra-exigents avec eux, vous devriez vous incliner ! Cet album est une tuerie de richesse mélodique !!!
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#6 Albiréo 16-11-2013 09:36
Entièrement d'accord avec la chronique : DM est devenu une soupe ennuyeuse sans queue ni tête.
Il est plus fougueux qu'un autre album ? La fougue n'est pas un critère de qualité (jusqu'à un certain point, évidemment) et je préfère de loin un album moins brutal mais inspiré qu'un brouhaha démonstratif -"Train of thought" par exemple ou encore cet album.
Les mélodies sont d'une platitude et d'une facilité désarmantes et les gimmicks habituels et irritants de DM sont bien là, ancrés : chant mielleux et nasillard qui en fait des caisses, clavier souvent improbable ou insupportable - c'est selon, guitare harassante et basse en retrait.

Ils sont des quadras et, de ce fait, n'auraient plus aucune ressource pour composer des pièces qui déchirent ??? Donc à 40 ans on est mort ? Bravo !
Ils ne se sortent plus les doigts, oui !! Le succès et la richesse rendent mous.
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#7 Mercanderwalsh 16-11-2013 20:21
Je me demande si Albiréo sait lire !
J'insiste alors alors sur un point : cet album est la suite logique de leur carrière et de leur potentiel de créativité ; Awake a été créé il y aura bientôt 20 ans et les membres de Dream Theater sont au contraire capables aujourd'hui de composer de mannière brillantes. Nous ne sommes plus en 1994 mec ! Ils sont loin d'être finis eux, je crois que les fans que nous sommes, prisonniers de leurs putains d'exigences envers eux ne savent plus apprécier ce que ces virtuoses nous offrent aujourd'hui. Enlevez vos boules Quiès cher monsieur où alors écoutez du Rock Progressif de base, vous ne serez pas déçu.
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#8 EddyA 16-11-2013 20:35
Désolé Mercanderwalsh, mais ce nouvel opus est à l'image de leur carrière, à bout de souffle ... mélodies mollasses, bases rythmiques d'une banalité déconcertante ... je suis un fan de la première heure, je peut t’écrire Awake, Metropolis Part.2 ou Six degrees d'une traite, et c'est peut-être la, la richesse de ces albums, ils sont tellement bons, qu'on les a écoutés des centaines de fois ... perso, j'ai du écouté cet album 5 fois ... et j'ai plus envie.
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#9 Albiréo 16-11-2013 21:23
Ce n'est pas la peine d'être insultant. Mais je ne rentrerais pas dans ce registre...

Oui, c'est la suite logique de leur carrière : une descente aux enfers dans la platitude.

Nos avis diffèrent, c'est tout, mais j'ai trouvé votre argumentaire pas crédible et vraiment complaisant.

Mais si cet album vous plait, prenez plaisir à l'écouter.

Perso, j'aime plus, boules Quies ou pas.
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#10 Mercanderwalsh 17-11-2013 14:15
Insultant ? Non juste lucide ... C'est bien ce que je disais, vous ne savez pas lire !
Les goûts restent dans la nature de chacun et je respecte le vôtre.
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#11 Albiréo 17-11-2013 18:15
Apprenez à écrire alors... Votre propos est agressif et vous ne vous en rendez pas compte.

Nous ne nous comprenons pas mais je respecte votre avis et vos goûts ; l'essentiel est de prendre du plaisir.

Restons-en là.
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#12 m 21-04-2014 20:27
Un peu déçu aux premières écoutes, après plusieurs mois, j'ecoute cet album assez souvent avec plaisir. Oui illumination Theory reste pas vraiment bon, en mp3 il suffit de l'effacer...c'est vraiment dommage mais le reste de l'album ne mérite pas vraiment le french baching de cette chronique. Moi je le trouve plutôt bon. Oui DT a évolué, tant mieux au final...
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