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26 Septembre 2012

Sebkha-Chott

The Ne[XXX]t Epilog

par Jean-Philippe Haas

Parce qu’il a l’esprit de contradiction, le gratte-papier que je suis ne téléchargera pas le dossier de presse, comme le suggère (ou plutôt l’ordonne) Wladimir Ohrelianiov II sur la première piste de The Ne[XXX]t Epilog, lourd de menaces à peine (et même pas du tout) déguisées. Seul dans mon coin, avec mon sens inné du bon goût, je donnerai mon avis de non-musicien sur cette nouvelle création, infâme engeance vomie sur notre terre par le tyran et sa cour de dégénérés.

Les machines ont pris le pouvoir, et luttent à présent à armes égales avec les grosses guitares et une batterie infernalement imprévisible. Pour autant, le propos est toujours aussi difficile à suivre pour celui qui aura eu le courage d’extraire le CD de son emballage-origami fait main, et de le déposer sur sa platine. Heureusement, l’humour éveille la curiosité et d’humour, cet album n’en est pas dépourvu. Les « Sarabande pour Abraham », « Aubade Masquée » et autres appels à la disco-copulation tel « AeroBitch - Presto Cerrone » rappellent les mœurs pour le moins dissolues du monarque mégalomane. Des plages electro-ambient, métallo-indus, porno-hip-hop ou bidulo-progressives, traversées par des éructations vocales les plus diverses, peignent une trame où l’improvisation semble tenir une place conséquente. « Peri Patetico » est-il un test d’endurance destiné à éprouver notre motivation ? Où la guitare de « Sonate de Free » veut-elle donc en venir ? Quelle est la raison de tout ce vacarme sur « Saphonie Pastoral feast. Lynda Lajoie » ou « » Adadagio Summon Bidass » ? Et que vocifère donc l’interlocuteur de Wladimir Ohrelianiov II sur « Biphallo Soldier - Jocelyne Cantabile » ? Le saxophone lui-même ne sait plus très bien où il en est, entre penchants moyen-orientaux (« Sarabande pour Abraham ») et épilepsie zornienne (« Allegro Tavu »). Mais ces questions trouveront probablement leur réponse sous nos yeux, lors de la tournée qui s'annonce...

Cette galette me survivra, à moi, petit pigiste, comme le glapit encore Wlad de sa voix de crécelle. Mais lorsque l’ère des machines sera révolue, la race humaine, revenue à un mode de vie préhistorique, aura bien du mal, en soufflant dans des fémurs troués ou en frappant des bouts de bois, à reproduire ce The Ne[XXX]t Epilog bourré jusqu’à la gueule d’électricité nucléaire. D’ici là, il faut bien avouer qu’il serait dommage de ne pas profiter d’un disque qui permet sur une même piste, de se retrouver au bar d’un club de culs-serrés, sur le dancefloor d’une boîte techno à la mode et dans la fosse odorante d’un concert de death metal.

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