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01 Octobre 2002

Digital Ruin

Dwelling in the Out

par Florian Gonfreville

Digital Ruin... voilà un nom qui peut laisser songeur pour un groupe de metal progressif ! En effet, le terme "digital", de digit, évoque plutôt une musique électronique, ce qui n'est pas totalement usurpé dans le cas de ce groupe américain, fondé en 1988 mais qui n’a sorti son premier album Listen qu’en 1997.

En voici aujourd’hui la suite. Et forcément… Ce sont les sons électroniques mélangés à des rythmiques carrées qui frappent de prime abord. Les riffs sont lourds, quasi néo-metal à la Korn, mais la comparaison s'arrête là car le développement diffère ensuite radicalement et c'est plutôt du côté de Fates Warning et de Queensrÿche premières époques qu'il faut aller chercher un point de comparaison générale. L'ambiance est froide, sombre voire oppressante sur un mid-tempo. Plusieurs écoutes permettent une appréhension plus finement la richesse des compositions, souvent à plusieurs niveaux, comportant des passages planants assez réussis. On peut aussi se laisser séduire par la voix, qui, bien que peu originale, possède un certain charme voire quelques qualités (« Adrift » ou « Along the Way »). Certains refrains, aux thèmes aussi primesautiers que la perte des valeurs morales, ou l’avenir d’un monde devenu froid et impersonnel pourront même parfois venir s'ancrer dans la tête.

Néanmoins, même si Dwelling In The Out est le second disque du groupe, cet album ressemble à un coup d'essai avec quelques défauts d’habitude imputables à des erreurs de jeunesse : d’une part, le manque de moyens, la production ne rendant aucune justice à la puissance potentielle des compositions ; d’autre part, le manque d'identité - si la formation n’est en aucun cas un clone de Dream Theater, certaines influences apparaissent clairement - et une trop grande homogénéité qui, lassant, donne peu l'envie d'aller jusqu'au bout du disque et d’y revenir. Pourtant, on devine un potentiel certain et il ne manque sans doute pas grand-chose pour que le groupe s’élève un peu plus. Cela ne se produira pas, en tout cas pas dans cette voie : Digital Ruin est, depuis, revenu à un sens plus premier de son nom, et s’est officiellement rapproché de groupes comme Sevendust après ce Dwelling….

En attendant la suite, cet album éveillera sans aucun doute l'intérêt de ceux qui cherchent quelque chose de plus cohérent et novateur que des soli virtuoses et des rythmiques torturées.

Chronique rédigée avec la collaboration de S. Demay

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