:|
07 Septembre 2002

Pendragon

Acoustically Challenged

par Florian Gonfreville

Dans la série « jamais fait auparavant », Pendragon frappe un sérieux coup cette année 2002 avec la sortie d’affilée de deux lives : un DVD, et un acoustique enregistré à Varsovie pour Radio 3 lors de la tournée 2001 « Not of This World » et doté d’un bonus multimédia. Voilà de la matière pour le fan.

Pour les moins aguerris à la carrière des quatre Anglais, Pendragon est un descendant de Pink Floyd dans une vague rock dite néo-progressive : les années 1980, Marillion, IQ... On considère généralement qu’après le départ de Fish de Marillion en 1988, Pendragon a repris le rôle de chef de file. Pochettes conceptuelles superbes et fouillées – ce Live n’y déroge pas - paroles personnelles, son travaillé : les rapprochements possibles sont nombreux.

Habituellement plus tournée vers les ambiances théâtrales et symphoniques, le quatuor – en fait trio en l’absence du batteur Fudge Smith pour l’occasion - de Nick Barrett propose avec « Acoustically Challenged » une facette peu connue de la formation, restreinte ici aux simples guitare folk et clavier, sans basse, Peter Gee passant aussi à la 6-cordes. Et c’est une vraie et heureuse surprise ! Chez Pendragon, trois éléments attirent l’auditeur : les guitares proches d’un David Gilmour, l’aspect symphonique discret, et la personnalité de Barrett. On peut là aussi faire un parallèle avec Marillion : le chanteur apporte sa touche propre et dans ce set acoustique à la production délicieusement intimiste, son timbre chaud et triste est un vrai plus. Du coup, on retrouve mélodies et chant avec plaisir. Des compositions plutôt rares, comme Fallen Dreams and Angels ou le Unspoken Words de Peter Gee ou plus connues comme A Man of Nomadic Traits, Alaska ou the Pursuit of Excellence sont servies avec émotion, adaptées, parfois raccourcies afin de se plier à l’exercice acoustique, avec une couleur blues ou folk tirant sur la ballade irlandaise qu’on ne connaissait pas à Pendragon ! 

On pardonnera les quelques manques de précision au chant et un morceau d’ouverture défaillant – comme sur les albums du groupe : on a affaire à des mélodistes apaisés qui exercent leur musique en artisans –, pour se rendre compte, une fois de plus, qu’un bon morceau sonne autant à la guitare sèche qu’avec une orchestration complète. Et des bons titres, « Acoustically Challenged » en est plein.

Un album obligatoire pour les amateurs du genre, un détour d’un intérêt réel pour les autres.

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir