:(
06 Septembre 2002

Seyminhol

Northern Recital

par Florian Gonfreville

Groupe français, Seyminhol existe depuis 1990. En 1993, il ouvre pour Vulcain, et depuis cette époque a sorti 5 productions, de la démo huit titres Poussière de Lune à ce qui nous intéresse aujourd'hui, l'album Northern Recital, faisant suite au mini quatre titres Nordic Tales, paru en 2001.

Avec leur premier LP, le groupe de heavy symphonique n'a pas choisi la facilité en s'attaquant à un concept. En 771, Charles, fils du premier roi des Francs sacré chrétiennement Pépin le Bref, et petit-fils de Charles Martel, devient roi et fond sur les Lombards en Italie. Pendant ce temps les Saxons, sur le Rhin, pillent ses églises et Charlemagne, puisque c'est de lui qu'il s'agit, revient alors livrer bataille. C'est le début des guerres de religion qui mèneront au Saint-Empire Romain-Germanique. Seyminhol exprime dans cet album le point de vue du chef saxon Widukind, auquel succède un jeune brave, Thorgis, qui part combattre pour la mémoire des héros de Saxe.
La première écoute de Northern Recital justifie le titre : une saga épique de la plus pure essence du speed metal symphonique. Des titres comme " Iron of God " ou " Under a Red Blood Banner " ne laissent d'ailleurs aucun répit : par la présence de la batterie et d'un chant techniquement à la hauteur et bien trouvés, soutenus par des guitares et basse bien assises, on le sait d'emblée, c'est la guerre ! Les textes et la musique sont en parfaite adéquation, et la présence d'invités (cornemuse, bons choeurs et voix féminine) apporte un supplément de vie. On sait qu'ici le niveau n'est pas un obstacle à la composition.

Alors...Serait-ce génial ? Et bien...non. Si le niveau technique n'est plus à prouver, c'est ailleurs que cela pêche. Tout d'abord, le côté tout de même cliché - bien exécuté au demeurant - des musiques comme des textes fait tâche : l'alibi historique prometteur sert en fait à traiter une scène de guerre et de vengeance finalement peu originale. Ensuite, l'utilisation des claviers, dont on sait avant même la lecture du livret qu'ils sont tenus par le guitariste (ils sont joués comme une guitare, elle-même très linéaire, et aux soli répétitifs), a tendance à lasser. Enfin, une interprétation monochrome et souvent mélo couronne le tout. Bref, on sent tous ces petits manques de nuance et - lâchons le mot - de créativité, qui font que l'on n'arrive pas à distinguer spontanément un morceau d'un autre. La production, hélas, n'aide pas, en gommant les basses au profit d'un médium grave noyant la section rythmique.

Seyminhol existe depuis 12 ans et n'a rien à prouver techniquement. Affirmant que les groupes français ne sont pas soutenus en France, la formation pourrait sortir avec son prochain album celui de la reconnaissance, s'il s'accorde le temps de la relecture. Il a vraiment tout ce qu'il faut pour le faire.

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir