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15 Avril 2011

Beardfish

Mammoth

par Jean-Philippe Haas
Le progressif suédois est une grande famille et c'est Beardfish qui semble aujourd'hui occuper la place laissée vacante par The Flower Kings. La régularité avec laquelle les Scandinaves alignent des albums étoffés et ambitieux n'est en effet pas sans rappeler les titanesques livraisons que la bande à Roine Stolt effectuait il y a quelques années encore à une cadence infernale. Un certain essoufflement avait été l'une des conséquences de ce flot quasi ininterrompu. Il n'est donc pas insensé de penser que la même chose puisse se reproduire avec Beardfish et leur déjà nouvel album Mammoth.

Histoire de prendre les mauvaises langues par surprise, les Suédois ouvrent le disque par un titre franchement heavy, l'épique « The Platform », dont la pesanteur et le groove n'auraient été reniés ni par Deep Purple, ni par Uriah Heep. Un peu plus loin, « Green Waves » emprunte la même route, celle d'un hard progressif bien ancré dans les années soixante-dix. Mais le Beardfish de Destined Solitaire ne se cache jamais très loin, sous la forme de longs titres comme « And The Stone Said : If I Could Speak » ou « Without Saying Anything feat. Ventriloquist » et sa petite touche A.C.T. , au travers de l'instrumental « Akakabotu » qui flatte autant le jazz-rock façon Canterbury que Van Der Graaf Generator, ou dans des titres plus légers comme « Tightrope ».

Il n'y pas grand chose à dégraisser sur ce Mammoth dont la durée reste tout à fait raisonnable. Et bien qu'il ne s'éloigne guère de ce qu'on peut attendre de Beardfish, il prend suffisamment de distance avec ses prédécesseurs pour éviter le « syndrome Flower Kings » de la redite ennuyeuse.

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