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28 Septembre 2007

Big Big Train

The Difference Machine

par Christophe Gigon
Autant le dire tout de suite, avec le dernier album de Big Big Train, l’amateur de rock progressif « classique » est gâté. Ce qui est paradoxal avec cet excellent groupe britannique est qu’il parvient à nous offrir (presque) à chaque fois un produit moderne, fort bien produit, dynamique et jouissif tout en rappelant à notre bon souvenir les meilleurs moments de Genesis des années 1976 – 1977, IQ, Marillion ou Pallas, vieux de la vieille du mouvement progressif. En effet, à l’instar de Kino, Frost ou autres It Bites, Big Big Train a parfaitement compris comment intégrer la substantifique moelle du rock progressif des « Anciens » à une production et des sons bien ancrés dans notre époque sans jamais que le mélange ne sonne par trop hétérogène. Au contraire, l’amalgame est parfaitement savoureux. Quel plat de gourmet que cette galette !

La recette de Big Big Train est pourtant simple : garder le meilleur d’une époque (la moelle = les mélodies finement ciselées, l’émotion à fleur de peau, les envolées lyriques, une technique irréprochable toujours au service de la chanson et surtout une ambiance générale envoûtante), en retirer le gras (les démonstrations instrumentales stériles, les inopportunes longueurs, les textes « ésotérico-médiévaux » et autres chants de farfadets). Big Big Train évolue donc dans un style tout à fais frais et accessible tout en étant extrêmement travaillé et produit. Ce dernier album n’est pas sans rappeler le travail intéressant que propose John Mitchell dans ses divers projets parallèles (Kino, Frost, The Urbane) mais ne ressemble heureusement jamais à Arena !

De la très bonne musique, progressive à souhait, mais rigoureuse dans ses arrangements.Aucun débordement vain et prétentieux ne saurait être toléré ! On ne laisse jamais le « le gras » s’installer ! En plus des excellents musiciens que sont les membres de Big Big Train (qui ont déjà sept albums à leur actif), on peut remarquer la présence remarquable (justement !) de Pete Trewavas de Marillion à la basse, de Dave Meros (Spock’s beard) au même instrument et de Nick D’Virgilio (Spock’s Beard, Tears For Fears, Genesis) à la (monstrueuse) batterie et aux choeurs. La voix de Sean Filkins ressemble étrangement à celle de Phil Collins (période 1976 – 1980) et c’est bien le seul aspect un peu dérangeant de l’affaire. Non que Phil Collins ait un organe désagréable, loin s’en faut, mais quand on évolue dans un style si défini (et définissable), il vaut mieux proposer du différent que du semblable. On notera également l’apport d’un saxophoniste qui vient ponctuer de temps à autre un moment mélodique sans aucune prétention mais avec une maestria confondante. Un violon se permet également quelques incursions bienvenues. Trois titres très longs (douze, treize et quatorze minutes) de toute beauté complétés par trois autres très courts (entre une et trois minutes) qui servent de moments de transition d’une diaphane présence. Peut-on parler de chef-d’œuvre ? Il est trop tôt pour l’affirmer. L’épreuve du temps nous le dira. En attendant, voilà le disque idéal pour marcher sur les feuilles orangées de l’automne, le nez au vent et les oreilles en extase.
  • Année: 2007
  • Label: Treefrog Records

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