Interview

Daniel Cavanagh

06 Novembre 2017

Interview Monochrome

par Elisabeth Parnaudeau

Riche actualité pour Daniel Cavanagh ! Un nouvel album d’Anathema – ou plutôt Ana_Thema –, The Optimist, un album solo, Monochrome, une gigantesque tournée européenne… Il s’est posé pour répondre à nos questions juste après son concert au Bataclan, marqué par un émouvant hommage aux victimes du 15 novembre.

J’allais te demander ce que ça vous faisait de revenir jouer au Bataclan, mais la réponse a largement été apportée pendant votre concert…
Daniel : Effectivement, nous avons dit tout ce que nous voulions dire, et il n’y a rien d’autre à ajouter.
Anathema est au début d’une longue tournée européenne. Comment ça se passe jusque-là ? Daniel : Super bien, je ne me plains pas. Je suis ravi d’être là.
The Optimist est sorti depuis deux mois déjà. Quels sont les retours que vous en avez eus ? Et toi, est-ce que tu le perçois avec un œil nouveau après cette période de temps ?
Daniel : En fait, maintenant, je ne l’écoute plus. Je l’ai écouté en boucle de la fin de sa conception et jusqu’à sa sortie, et ensuite, j’ai arrêté. Le jouer, c’est encore quelque chose de différent, ça change à chaque fois. Quant aux retours sur l’album, ils sont pour la plupart plutôt bons. Il y a des gens qui ne l’aiment pas, mais bon je ne peux pas les en empêcher. Moi je l’aime bien.
The Optimist est la conclusion de A Fine Day to Exit. Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir cette thématique ?
Daniel : c’est très simple en fait. John (Douglas) a suggéré que nous fassions une histoire. J’ai réfléchi à ce que ça pourrait être, j’ai pensé à un récit qui parle de conduite – c’est d’ailleurs le thème du morceau The Optimist : quelqu’un qui conduit, la nuit. On avait déjà ce titre, du coup j’ai construit l’album et l’histoire autour de cette chanson. Au-delà de la conduite, ça parle de voyager, de s’échapper. Et quand tu regardes la pochette de l’album A Fine Day to Exit, ça fait beaucoup de sens comme suite.
Au sujet de la pochette de A Fine Day to Exit, quelle plage représente-t-elle ?The Optimist, ce sont ses coordonnées géographiques ! Regarde sur Google Earth.
Votre style a beaucoup évolué depuis A Fine Day to Exit. Vous avez même, pour The Optimist, changé de typographie en passant de Anathema à Ana_Thema. Y a-t-il une raison particulière ? Est-ce pour consacrer l’évolution du groupe ou est-ce juste un effet de style pour l’album ?
Daniel : Ce n’est pas vraiment un changement de nom, et la prononciation reste la même (à prononcer anassima, ndChromatique). Peut-être que le logo va changer un peu, peut-être que c’est juste pour cet album. Mais bon, il ne faut pas donner trop d’importance à cette modification.
Ton album solo, Monochrome, est sorti à peine deux mois après The Optimist. Tu as écrit et composé les deux en même temps ?
Daniel : En fait non, j’ai fait Monochrome avant The Optimist. J’ai écrit Monochrome en 2015 à Liverpool, et il prenait la poussière sur les étagères depuis. Quant à la sortie des albums, ça n’a été qu’une question de calendrier décidée par le label.
Pourquoi cet album solo ? Cela pourrait aisément passer pour du Anathema, mais tu as choisi de le mettre à part.
Daniel : Je ne voulais pas faire un album d’Anathema quand je l’ai fait. C’était l’été 2015, je voulais juste m’occuper l’esprit et j’aime bien le studio où on enregistre. J’étais tout simplement heureux de travailler car c’était une période difficile pour moi, j’étais en dépression, et ça m’a fait du bien.
C’est donc un album très personnel…
Daniel : Toutes les chansons que j’écris sont personnelles !
Peux-tu du coup développer le sens que tu as donné à celles de Monochrome ?
Daniel : Absolument pas. C’est à chacun de se faire son idée, et d’y trouver un sens qui fasse sens, tu vois ce que je veux dire ?
C’est ta deuxième collaboration sur un album solo avec Anneke Van Giersbergen, qui chante sur 3 de tes chansons. Comment s’est passée votre collaboration ?
Daniel : Je connais Anneke depuis plus de 10 ans, on a fait un tas de concerts ensembles ! C’est vraiment une chanteuse incroyable. Vinnie (Vincent) et Lee ont leur «  truc  », Anneke et moi avons le nôtre.
Si tu pouvais choisir d’autres artistes avec qui collaborer, qui prendrais-tu ?
Daniel : Honnêtement, vus les artistes que j’admire, je me sentirais vraiment inférieur. Et même, le style de musique que je fais ne leur conviendrait pas. Tu pourrais me demander pour qui j’aimerais jouer de la guitare.
Du coup, pour qui aimerais-tu jouer de la guitare ?
Daniel : Alors là, j’ai une longue liste. Quelque chose qui m’irait bien, ce serait Pink Floyd par exemple, celui de Roger Waters. Pas celui de Gilmour, évidemment, vu que c’est lui qui joue tous les solos. Sinon, même s’ils sont un peu hors de portée, j’adorerais jouer pour Sigur Ros. Juste parce qu’ils sont géniaux, et que ça serait une aventure.
Et si tu pouvais faire chanter quelqu’un ?
Daniel : Tous les grands du rock. Bon, ça voudrait dire leur écrire des chansons adaptées. Je me tournerais vers David Gilmour. Je ne suis pas un grand fan de sa carrière solo, mais en termes de chant pur, c’est un de mes préférés. Nos styles ne sont pas si éloignés, en plus.
Prévois-tu une tournée avec cet album ? Si oui, avec quel line-up ?
Daniel : Je n’ai pas encore de plan. Il faudrait qu’ Anneke soit là, évidemment, mais sinon je suis ouvert aux suggestions. Pour le moment, on est au début d’une tournée tellement longue que je ne peux pas penser à la suivante.
Ton album de l’année ?
Daniel : Alors je n’ai pas d’album de l’année, mais ce que j’écoute en ce moment c’est Asia, Asia 1979, et la bande son de Mr. Robot.
Merci ! Je te laisse te reposer du concert, et bonne tournée !

Interview réalisée le 04.10.17

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